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18 oct. 2011

Une India Pale Ale historique à la brasserie Albion, de Joliette

Photo gracieuseté de la brasserie Albion

Décidément, le Québec foisonne de brasseurs inspirés. Vous voulez un autre exemple? D'ici quelques semaines, à Joliette, une E.I.P.A. 1839 fera son apparition à la brasserie Albion.  C'est suite à la lecture du bouquin de Pete Brown "Hops and Glory", que Steven Bussières, maître-brasseur du Albion, a décidé de recréer une India Pale Ale de 1839, une bière telle que les anglais envoyaient à leurs compatriotes stationnés en Inde. Aucune autre brasserie sur la planète a, à ce jour, soumis une bière à de telles conditions dans le but de comprendre ce que les buveurs de l'époque pouvait déguster. 

Rigoureux à toutes les étapes de son aventure, Steven a su aller au-delà de la recette originale du 19e siècle (que vous pouvez admirer ci-dessous) afin que l'expérience soit des plus pédagogiques. Puisque ces bières étaient mises sur des bateaux pendant près de 4 mois avant d'arriver à bon port et d'être bues goulûment, il a dû aussi, par souci scientifique, recréer les conditions dans lesquelles ces barils séjournaient. Donc, la température de conditionnement, comme celle sur les bateaux en direction de l'Inde, a oscillé entre 30 et 45 degrés Celsius pendant 4 mois. De plus, un système a été confectionné dans le but d'imiter les mouvements constants d'un bateau en mer; parfois doux et parfois violents.

La recette originale de cette India Pale Ale de 1839


Les barils utilisés pour la bière étaient en chêne; des barils desquels le plus de tannins possibles avaient été enlevés au préalable. Après ce périple mythique, la E.I.P.A. 1839 a reposé une semaine au frais, pour ensuite être embouteillée et refermentée en bouteille. 

Deux autres versions de la même bière ont aussi été conçues en même temps, rehaussant l'aspect pédagogique. Une des deux a subi les mêmes conditions extrêmes, mais à partir d'un cask en métal. Celle-ci sera servie au bar directement du baril, par une pompe manuelle. La troisième et dernière version de cette bière n'aura pas vécu les mêmes soubresauts de conditionnement. Celle-ci sera servie en fût standard et servira donc de bière "témoin". 

Le résultat? Les chanceux qui pourront se déplacer à Joliette pour le dévoilement de cette expérience le 26 novembre sauront en témoigner. Pour l'instant, Steven nous a confié que la version embouteillée, après le traitement houleux, avait fermenté davantage dans le baril de chêne. Nous goûterons donc à une version plus sèche et peut-être même sauvage de cette IPA. Il ne faut pas s'attendre à un arôme houblonné explosif, même si une quantité astronomique de houblons en cônes a été utilisée. Vos humbles serviteurs ont d'ailleurs bien hâte de percevoir le niveau d'oxydation présent dans la version d'origine et surtout de faire la dégustation comparative. Un gros merci à Steven et son équipe de contribuer ainsi à l'éducation de l'amateur de bières québécois!






8 oct. 2010

La Sabotage, du Benelux, à Montréal


Le Benelux avait déjà séduit l’amateur de houblon avec plusieurs de ses IPA et autres créations qui ont contribué à élever le niveau de l’offre de breuvages houblonnés dans la métropole. Cependant, à l’avis de l’auteur de ces lignes, nous atteignons ici un sommet encore jamais envisagé par un brasseur québécois. Cela risque d’engendrer une belle progéniture.

Style : La Sabotage cadre dans les balises du style India Pale Ale, ces bières chantant à pleins poumons les gloires aromatiques et amérisantes du houblon. Elle se distingue toutefois du lot en évitant l’usage parfois abusif des malts caramels qui rendent plusieurs IPA québécoises plutôt sucrées et rondes, réduisant ainsi la buvabilité. La Sabotage mise plutôt sur des malts de type pilsener, accordant un piédestal au houblon néo-zélandais Nelson Sauvin. Il en résulte un inventif feu d’artifices d’arômes houblonnés.

Disponibilité : Le premier brassin est toujours en service au pub de la rue Sherbrooke, seul endroit au monde à l’offrir! La réception positive devrait certainement encourager la direction à ne pas saboter cette sabotage de ses plans futurs.

Le coup d’œil : L’opacité blonde pâle revêt une spectaculaire tour d’ivoire se métamorphosant en une généreuse dentelle qui couve (oui oui, couve!) les parois du verre au terme de chaque gorgée.


Photo de Danny Duchesneau

Le parfum : Des fruits exotiques de toutes les couleurs parcourent un champ de fleurs avec confiance. Difficile d’élire un chouchou. Serait-ce le pamplemousse? La mangue? Le sauvignon blanc? L'ananas? Tous sont surdoués et enjoués.

En bouche : Les délicats malts pâles offrent un support exemplaire tout en cédant l’avant-scène aux aguichants parfums fruités du loquace Nelson Sauvin. Des notes de conifères, le pin notamment, qui étaient moins évidentes au nez se joignent à la procession.

La finale : L’amertume ne devient jamais agressante. L’effervescence vigoureuse revigore le palais à chaque gorgée et nous nous vengeons en enchaînant les gorgées rapidement.

Accords : Pour l’amateur de houblon, c’est là une bière passe-partout. Les possibilités d’accord sont limitées dans l’enceinte du Benelux, mais elle se suffit en elle-même.

Pourquoi est-ce un grand cru? : Cette pinte réussit le tour de force de nous faire voyager à Portland, Oregon où ce type d’IPA franches, sèches et sans détours caramélisés figurent à la carte de chacun des nombreux broue-pubs de la ville. Cette contrée demeurait inexplorée au Québec.

Si vous avez aimé, essayez aussi : InsPirAtion du Siboire (QC), India Pale Ale du Brouemont (QC), India Pale Ales sèches, sans caramel et teintées d'houblons du Nouveau Monde.