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2 juin 2011

Suggestions pour votre Mondial de la Bière - première partie

Dans quelques jours, les yeux du monde de la bière se fixeront sur Montréal et ce, pour presqu’une semaine. C'est que Le Mondial de la Bière nous présentera comme à son habitude une carte des bières  à en faire rougir la grande majorité des festivals du genre sur la planète. C’est tout simple; nous pouvons compter sur les doigts d’une main les festivals de bière au monde qui présentent autant de bières différentes d’autant de pays. Qui plus est, la sélection du Mondial est judicieuse; même les voyageurs les plus aguerris (titre auquel nous aspirons joyeusement) y trouvent à chaque année plusieurs bières qu’ils n’avaient jamais pu déguster auparavant.

Dans le but d’aider tous ceux qui ne savent où donner de la papille devant ce choix ahurissant, nous avons décidé de vous dresser, en deux parties, une liste de bières à essayer à tout prix. Question de vous aider à cibler les bières qui risquent de vous plaire le plus selon vos goûts personnels, nous allons aussi catégoriser ces bières selon leurs saveurs, leurs objectifs et/ou leurs ingrédients principaux.

Finalement, dans un souci de variété, nous mentionnerons une brasserie qu’une seule fois dans nos listes. Évidemment, la majorité des brasseries choisies possèdent des bières qui pourraient se retrouver dans plusieurs de nos catégories. Mais bon, un des buts du Mondial étant de faire découvrir un grand nombre de produits, nous jugeons bon de vous trimbaler d'une brasserie à une autre. Du pure sadisme, avouez...


TOP 5 "Houblons du nouveau monde"

Toutes ces bières mettent en valeur des houblons cultivés sur la côte ouest américaine, en Nouvelle-Zélande ou en Australie. Règle générale, ce sont des bières aux arômes envoûtants d’agrumes et de fleurs, se terminant en une amertume bien résineuse, longue en bouche. Pour en apprendre plus sur le sujet, lisez nos articles ici: #1, #2, #3.

 N.B. La fraicheur des brassins est primordiale lorsqu'on goûte à de telles bières. Reste à voir si les brasseries étrangères ont pu nous envoyer des India Pale Ales assez jeunes malgré le dédale bureaucratique imposé par notre SAQ…

-Central City Red Racer IPA (Colombie-Britannique) : Une des rares India Pale Ales canadiennes à pouvoir faire compétition avec les sud-californiennes en terme de fraicheur aromatique. Celle-ci vient en canette, une très bonne idée pour protéger le dit parfum houblonné (le houblon réagissant négativement aux sources de lumière).

-Benelux Sabotage (Montréal) : Unique en son genre, cette bière laisse toute la place aux houblons du nouveau monde. Agrumes à gogo, du début à la fin, où une amertume résineuse s’installe sur le palais pour y rester. Miam.

Photo de Johann Schlager

-Maui Big Swell IPA (Hawaï) : Une autre superbe India Pale Ale, peut-être un peu plus caramélisée et toastée que les deux précédentes. Une autre canette aussi, toujours afin de protéger ce beau houblon de la lumière nuisible.

-McNeill’s Ruby Extra Amber Ale (Vermont) : Cette ale ambrée sur-houblonnée de Centennial possède une base maltée bien différente des trois précédentes. Son profil de saveurs est aussi plus terreux et boisé, comptant toujours le bouquet fruité et floral décrit précédemment.

-Ballast Point Sculpin IPA (San Diego): Une des plus saisissantes India Pale Ales des Etats-Unis, mais surtout pas parce que c'est la plus intense du lot. Des malts légèrement toastés et miellés servent de coussins pour l’explosion houblonnée décrite ci-dessus. Pas trop sucrée, bien aérée, facile à boire; un pur délice multi-houblons.

Le "homebrew shop" de Ballast Point possède une ardoise des bières mieux garnies que bien des brouepubs du continent



TOP 5 "Richement chocolatées"

Ici, nous avons choisi de regrouper plusieurs types de bières qui se veulent à prédominance chocolatés. Vous remarquerez qu'aucune bière dans notre sélection est brassée avec du chocolat. Toutes les saveurs obtenues proviennent des malts d'orge torréfiés.

-Great Divide Yeti Imperial Stout (Colorado) : Ce Stout Impérial plaira à tout amateur de dessert capiteux au chocolat noir. Les saveurs rôties abondent aussi se fondant dans une amertume boisée, résineuse. On frise la décadence.

-Dieu du Ciel! Libre Échange (Montréal) : Cette toute nouvelle création du brouepub original de Dieu du Ciel! sur la rue Laurier impressionne autant que les classiques Déesse Nocturne, Péché Mortel et Aphrodisiaque. Modelée d’après les Foreign Export Stout, elle se veut très chocolatée, mais aussi bien fruitée.



-Smuttynose Robust Porter (New Hampshire) : Impossible de se tromper avec le Robust Porter de cette brasserie d’exception. Riche sans être lourd, complexe mais facile à boire, cette ale noire se différencie des deux précédentes entre autres grâce à son profil caramélisé plus avenant.

-À La Fût Bête Noire (St-Tite) : Avoine croquante, orge rôtie et houblons verts sont de concert dans ce Stout rond et persistent. Une des plus belles recettes mettant en valeur le malt d'orge québécois.

-Lambrate Imperial Ghisa (Italie) : Si vous aimez les malts chocolatés tout en étant en quête de saveurs peu communes dans les Stouts, cette Ghisa est peut-être pour vous. Très fumée et boisée, elle se veut un formidable accompagnement à une pièce de viande rouge cuite sur le grill (par exemple).

Le pub de Lambrate à Milan demeure une des expériences les plus conviviales de la planète-bière, surtout à l'apéritivo



Lundi prochain, on continue avec non moins de quatre autres catégories, parmi lesquelles vous verrez notre Top 5 "Bières de soif" et notre Top 5 "Liquoreuses et très sucrées"...

4 mai 2011

Le 5e anniversaire du Benelux, ou la révélation d'un trésor



Dans le temps de crier brettanomyces, la terrasse installée sur le coin des rues Sherbrooke et Jeanne-Mance s'est vue remplie samedi dernier d'assoiffés de bières de qualité. La raison? L'équipe du Benelux, brasserie artisanale montréalaise, s'était encore une fois surpassée en dressant le menu qui célébrait son cinquième anniversaire. 

La carte des bières, d'une variété rarissime dans les brouepubs d'Amérique du Nord, coupait le souffle. D'ales expérimentales - comme un succulent Barley Wine vieilli en fût de Merlot et fermenté avec des levures sauvages - à des lagers de soif impeccables (quelle belle Cigogne!), en passant par des Pale Ales et India Pale Ales houblonnés de cultivars du nouveau monde (Nelson Sauvin, Citra, Amarillo, Riwaka), on ne savait plus où donner du palais. Quelques-unes provenaient de casks - servis par gravité - d'autres de bouteilles, d'autres de fûts traditionnels. Décidément, tout amateur y ressortait comblé, même ceux qui s'avouaient incapables de prononcer brettanomyces. 


Une tulipe de Zoot, l'élégante Tripel du Benelux


Depuis quelques années déjà, toute papille curieuse remarquait que la qualité générale des bières de Benoit Mercier côtoyait souvent l'excellence. Mais aujourd'hui, nous sommes forcés de louanger davantage. Une tendance à l'assèchement de certains styles, produisant par exemple des textures belges de plus en plus authentiques, ainsi qu'une utilisation juste de levures sauvages et un raffinement dans la clarté des saveurs des bières plus douces, nous poussent à affirmer que le Benelux devient un incontournable dans le nord-est de l'Amérique. 

Suite à la dégustation du menu de bouteilles spécialement conçues pour l'évènement, nous voulons maintenant, avec l'aval de plusieurs attablés autour de nous samedi dernier, défier les acteurs principaux de cette brasserie artisanale. Nous voulons un grand cru du Benelux en bouteille, pour la maison. L'Ergot, tiens? Ou la Sabotage? La Strato peut-être? Plusieurs au menu seraient enchanteresses. Le Benelux est exactement le genre de brasserie exceptionnelle qui pourrait faire rayonner davantage le Québec sur la scène internationale, aux côtés des Dieu du Ciel!, Trou du Diable, Microbrasserie Charlevoix, pour ne nommer que celles-là. Allez, on ne peut pas garder un trésor chez nous si longtemps; il faut partager...

À la santé du Benelux, qui mérite de briller encore longtemps!

19 août 2010

Les houblons du nouveau monde, au parfum du jour (partie 1)

À l’extrémité sud-est de la Californie, aux abords de Death Valley, là ou les températures désertiques atteignent les 50 degrés Celsius régulièrement en été, une toute petite brasserie aux allures de saloon remodelé brasse une India Pale Ale (IPA) aux arômes époustouflants d’agrumes, de litchis et de mangues.



Dans le nord de l’état, à près de 600 kilomètres de là, dans une ville entourée de vignobles, de feuillus et de conifères, un autre brasseur utilise des cultivars de houblon des plus aromatiques pour donner à sa Double India Pale Ale un parfum et des saveurs de citron, d’ananas et d’aiguilles de pin. On dit même que c’est lui, Vinnie Cilurzo, qui a lancé la mode des Double IPA :



Et nous pourrions continuer ainsi longtemps sur la côte ouest des États-Unis. Villes et villages, aux abords du Pacifique comme dans les terres et les montagnes, abritent des brasseries qui savent tirer profit des champs de houblon de l’Oregon, de l’état de Washington et de la Nouvelle-Zélande afin de donner à leurs bières, pas seulement leurs IPA, des parfums des plus envoûtants, créés par les cultivars Simcoe, Amarillo, Nelson Sauvin, Pacific Gem, Citra, etc. Ces houblons sont non seulement avenants, ils sont plein de personnalité, devenant aisément identifiables lorsqu’utilisés généreusement pour aromatiser toute bière. Est-ce que l’amateur de bières du Québec peut facilement s’abreuver de nectars houblonnés avec ces variétés idiosyncrasiques? Oui, et non. Il faut vraiment être à l’affût des nouvelles créations, et se retrouver au bon endroit au bon moment, pour découvrir ces super-cultivars. Quelques pistes la semaine prochaine…