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22 sept. 2010

Gelato: ce qu'il ne faut pas faire

Bien que Les Coureurs des Boires vise davantage à encourager l'excellence qu'à sermonner la médiocrité, certains abus méritent d'être dénoncés. C'est particulièrement vrai lorsque l'auteur de ces lignes a l'impression de n'avoir jamais nuancé son enthousiasme face au gelato. Rectifions le tir.

J'ai vécu une amère déception lors de mon passage chez Pagliacci, rue Prince-Arthur à Montréal. Soit dit en passant, l'amertume, qualité louable chez moult bières, est inexcusable dans un sorbet au cassis. Que les fruits soient tanniques passe encore, mais qu'ils manquent de fraîcheur, de jus et dégagent des tonalités de cuir? Non merci.

Le vulgaire verre de plastique servant au service laissait présager l'arnaque, mais la portion plus que généreuse qu'on finit par y entasser s'avère finalement une bien mauvaise nouvelle.

La glace à la pistache, l'habituel métronome d'une gelateria, laissait indifférent avec ses noix défraîchies, molles comme des céréales mouillées.

La palme de l'inacceptabilité revient toutefois à l'abominable parfum noix de Grenoble. Comble de malchance, j'ai commandé cette saveur en dernier et l'avais donc au-dessus. Cette boule beigeâtre me narguait de n'avoir point profité du dernier spécial sur la Québon. C'est tout dire. Un goût de plastique brûlé transcende cette créature de fréquentation peu recommandable. Les défauts de congélation abîment la texture qui oscille ainsi entre la crème commerciale et le ramassis de glaçons broyés. C'est simple, quand on a les goûts dans un tel désordre, c'est à l'hôpital qu'il faut aller afin de se faire soigner. On nous retire de la circulation, le temps de constater ce qui a mal été. Se débarrasser de nos problèmes en les vendant 6 dollars le petit pot? Voilà une belle opportunité d'affaires pour nos bons amis les psychologues.



Pour finir sur une note plus positive, à quelques pas de Pagliacci, délectez-vous des desserts de Juliette & Chocolat, rue St-Laurent ou des miraculeux gelati de Léo le glacier à l'intersection Duluth/St-André.

17 août 2010

Meilleure glace au chocolat à Montréal?



Un des avantages de la saison du printemps est sans doute sa synchronisation parfaite avec la saison du gelato. Le Québec compte de plus en plus de bonnes adresses à ce chapitre. Je n’habite ni Québec, ni Sherbrooke, ni Gatineau, mais lorsque je me trouve dans ces villes, je retourne toujours chez Tutto Gelato à Québec, Savoroso à Sherbrooke, Piccolo Grande à Ottawa.

À Montréal, peut-être parce que j’ai plus de temps, peut-être parce que nous sommes simplement plus chanceux, le choix s’avère plus laborieux. Bien que j’apprécie davantage d’autres parfums, je ressens parfois le besoin viscéral d’une bonne glace au chocolat. Lors de ces rages, je ne recherche plus la fraîcheur bien acide d’un sorbet au citron ni la précision d’un sorbet à la framboise. Amenez-moi du gras, du cochon. Je veux une glace qui me fait l’effet d’un gâteau. Parmi les glaces plus commerciales, les Ben & Jerry’s conviennent bien à la tâche. Difficile de trouver plus bourratif. Pour plus de finesse, ne regardez pas plus loin que du côté de Ripples, un petit comptoir facile à manquer en face du ridiculement populaire Schwartz’s du boulevard Saint-Laurent à Montréal.


À mon sens, leur parfum chocolat 6X domine les glaces chocolatées montréalaises tant par sa décadence que son épatante régularité. La riche crème s’avère lisse et fondante en bouche, épaisse et riche en texture en plus d’être agrémentée de morceaux de chocolat bien croquants. On croirait volontiers que de la guimauve y est ajoutée pour raffermir la constitution. Dommage que le vulgaire verre de plastique (digne d’une Molson Dry de concert) dans lequel elle est servie n’honore point son apparence. Sinon, voilà un beau dessert dont la teneur en cacao n’en fait probablement pas la meilleure introduction à une nuit paisible.



Gelato près de l'eau chez Savoroso


Lorsque je visite une ville en été, je préfère planifier un peu. Il y a deux étapes qui dominent les autres dans la hiérarchie des éléments nécessaires à un séjour agréable. La première est évidemment l'inventaire des broue-pubs ou du moins des bars à bières où il sera possible de terminer la soirée avec une cervoise de qualité. La seconde est la trouvaille de l'endroit réputé comme produisant le meilleur gelato en ville. L'été, nulle limonade ne rafraîchit aussi efficacement qu'une boule de sorbet au citron à l'acidité pénétrante.

Dans l'agréable localité de Sherbrooke, c'est au marché de la gare qu'on répond à nos caprices. Aux abords venteux du Lac des Nations, ce marché offre un ersatz intéressant aux Sherbrookois qui ont connu les extravagances des marchés Atwater ou Jean-Talon dans une autre vie. Le glacier du marché, Savoroso, concocte des glaces qui tireraient bien leurs épingles du jeu même si elles étaient servies à Rome. Généralement, deux parfums principaux peuvent être visités pour juger de l'ensemble de l'œuvre d'un glacier. D'abord, le sorbet au citron se doit d'étaler une fraîcheur irréprochable, une puissante acidité, une teneur en sucres très limitée et une texture cassante, encore glacée. De son côté, le gelato à la pistache gagne des points lorsque sa texture est très lisse, bien fouettée et que ses saveurs de noix grillées confèrent une richesse qui ne se traduit pas par un excédent de gras.



Chez Savoroso, les bases sont bien couvertes et fait rare: aucun parfum essayé n’a déçu si bien qu'il est difficile d'élire un favori - fruit des champs peut-être? avec sa franchise digne d'une confiture, son étonnante fraîcheur et ses pépins craquants sous la dent- et que nous finissons par essayer des variétés différentes à chaque visite, ce qui n'est pas pour nous déplaire!