14 mars 2011

Complexité et qualité

Les commentateurs de la bière vantent généralement toute bière qui démontre une grande complexité. Au contraire, une bière est sévèrement blâmée lorsqu’elle en manque. Comment faire la distinction entre une bière qui est complexe et une qui l’est moins? Subjectivement, selon l’historique de dégustation sur lequel le buveur s’appuie pour relativiser la bière qui se trouve présentement dans son verre.

Une question plus intéressante est sans doute : la complexité contribue-t-elle à la qualité? Une bière est-elle meilleure si elle est plus complexe? Il faut répondre que ça dépend, sans quoi nous ne serions pas en mesure d’élaborer sur le sujet pour une intervention de blogue entière!

Pour certains, ça dépend du style de la bière. Pour d’autres, ça dépend de ce qu’ils ont envie de boire. Veulent-ils un casse-tête à la Godard ? Préfèrent-ils éviter de se compliquer la vie comme avec une comédie hollywoodienne? La vie n’est-elle pas déjà assez compliquée avec les femmes? Avons-nous besoin que même nos pauses d’agrément arrosées d’une simple bière deviennent indéchiffrables?

Retourner à la définition de complexité est un exercice très intéressant en ce sens.

Complexité, première définition sur lexilogos : « Caractère de ce qui est complexe, fait d'être complexe (souvent par rapport à un objet de même nature qui l'est moins). »

Voilà qui confirme le soupçon intuitif comme quoi une bière ne peut être complexe qu’en comparaison à une autre. Mais le plaisir que nous procure ce bon vieux dictionnaire ne s’arrête pas là.

Complexité, deuxième définition sur lexilogos : « Péj. Caractère de ce qui est compliqué, difficile à analyser, à comprendre »

Wow! Péjoratif! La complexité nuirait donc à la bière, la rendant difficile à analyser. Il faudrait sans doute un doctorat pour y comprendre quoi que ce soit tellement on s’y égare. Les bières complexes? Non, mais quelle invention élitiste! I’m going back to my Bud!

1 commentaire:

Benoit a dit…

Je penses que les consommateurs ont longtemps mis la complexité de côté. Ce qui explqiue entre autre la révolution brassicole que nous vivons depuis quelques année, est que la diversité a maintenant sa place. Alors, je suis d'accord que la complexité peut être péjorative, mais à court terme, elle fait parler le monde en amenant le buveur dans des zones extrêmes où il n'a jamais mis les pieds... ou le nez, ou la bouche. Enfin. Il faut s'étonner de la complexité, se laisser suprendre par elle pour ensuite redécouvrir son opposé, la simplicité: les expériences ainsi acquises nous permettront d'en être meilleur juge.