20 oct. 2010

Quelques bières d'automne

Les feuilles vertes, manquant de maturité, ne sont plus qu'un souvenir. Elles portent maintenant leurs manteaux jaunes, oranges, rouges, bruns. Les soirées sont courtes, les soirées sont fraîches. Les bixi disparaîtront bientôt des rues. Que boire pour accompagner le feu d'artifice coloré de l'automne qui laisse entrevoir des mois de nostalgie?

Dans ces circonstances, plusieurs brasseurs de chez nous offrent des remèdes qui, regroupés ensemble, constituent peut-être la panacée à nos couleurs, à nos douleurs d'octobre.


LES OKTOBERFESTS
L'oktoberfest munichois a beau être devenu un attrape-touristes, la tradition de concocter une lager rousse saisonnière est encore très populaire auprès de nos brasseurs. Cette année, les Trois Mousquetaires en proposent une déclinaison particulièrement délicate du haut de ses 4,1%, évoluant de malts fins et toastés rappelant la noisette vers des houblons nobles feuillus. Intéressant tout de même de voir une bière à 4,1% dans une bouteille de 750 ml avec bouchon de liège. De son côté, l'oktoberfest du Benelux est plus dense en malt, en céréales et en houblon herbacé. Finalement, l'oktoberfest de l'Amère à Boire se montre peut-être plus sucrée qu'à son habitude cette année, son houblon d'ordinaire épicé se montrant plus timide pour laisser pain grillé et érable prendre plus de place.

LES BIÈRES À LA CITROUILLE
Au Québec, peu de brasseries offrent une "Pumpkin Ale". Ce style fait pourtant fureur aux États-Unis. Souvent, il est ardu d'y trouver une véritable saveur de citrouille, d'abord puisque le potiron fermenté n'étant pas particulièrement savoureux, mais surtout étant donné le support à épices complet qui passe aussi à la recette. Les bières à la citrouille finissent donc par être plutôt des bières aux épices habituelles des tartes à la citrouille (pensez à la nois de muscade, le gingembre, la cannelle ou même le clou de girofle). Mcauslan, le Benelux, la Barberie, le Siboire et les Brasseurs du Temps ont déjà concocté des bières à la citrouille. Parfois, celles-ci contenaient les épices, mais aucune citrouille!

La brasserie la plus régulière quant à la production d'une bière à la citrouille est toutefois Brasseurs et Frères qui en est maintenant à sa cinquième édition. Leur version est bien épicée, faisant allusion à la muscade, la cannelle et laissant une impression poivrée. L'ensemble est relativement sucrée, le malt ayant un profil très biscuité. Ce n'est pas une bière de tous les jours, mais elle demeure facile à boire, masquant bien ses 6 à 7% d'alcool, et digne d'intérêt.

LES DIGESTIVES
Dans un tout autre registre, le Brouhaha a récemment distribué son premier embouteillement de la Gaz de Course, un Barley Wine à l'américaine puissant titrant 11,9% d'alcool. Celui-ci sévit immédiatement avec un vrai panier de fruits confits qui cerne le palais. Un coulis de caramel aux accents de sucre d'orge suit subrepticement. L'équilibre est maintenu grâce à une gamme de houblons américains aux parfums d'agrumes et de conifère qui procurent une longue amertume la finale qui aurait été autrement dominée par les sucres.









UN CLASSIQUE
Puisque je ne suis pas dans le secret des dieux de la SAQ, notre chère société gouvernementale me surprend à chaque fois qu'elle retire un de mes classiques. Le rapt de la Saison Dupont fut particulièrement douloureux. J'ai cessé de tondre la pelouse depuis et la saison des allergies s'avère particulièrement pénible. Ceci dit, depuis quelques mois, nous avons le privilège d'admirer la Aecht Schlenkerla Rauchbier Märzen à même les tablettes de la SAQ. Je pourrais défendre l'idée que c'est une opportunité particulièrement agréable pour n'importe laquelle de nos quatre saisons, mais puisque c'est l'automne, laissez-moi vous dire que cette bière intensément fumée convient parfaitement aux premières soirées propices aux feux de foyer. En effet, quel meilleur complément à la bûche et aux cendres que la fumée de bois de hêtre? Quelle saveur peut s'avérer plus réconfortante que la bonne vieille boucane. La base n'est pourtant pas trop compliqué, le grain étant à proximité certaine des oktoberfest susmentionnés outre son séjour au fumoir. C'est un jouissif équilibre de fumée boisée et viandeuse, de cuir, de malt toasté, d'abricot et de délicats houlons feuillus qui tissent les charmes de ce grand cru ô combien facile à boire. Une merveille pour accompagner saucisses, fromages, viandes braisées et les dernières grillades.












4 commentaires:

Marc Létourneau a dit…

Vous avez oublié de nommer le nom de la bière à la citrouille de Brasseurs et Frères. Il s'agit de La Trouille"

Mario D'Eer a dit…

Au sujet de «Les bières à la citrouille»... Vous mentionnez que la version Mc Auslan ne contient aucune citrouille. Pourtant sur l'étiquette de la St-Ambroise Citrouille, il est bel et bien indiqué «citrouille» dans les ingrédients! Affirmez-vous qu'il s'agit de publicité frauduleuse?

David Lévesque Gendron a dit…

Je viens de relire le texte et je ne vois pas où on mentionne que la bière à la citrouille de Mcauslan ne contient pas de citrouille?

C'est drôle toutefois parce qu'il me semble justement que Mcauslan avait révélé qu'elle ne contenait pas de citrouille il y a quelques années, mais j'y vais vraiment de mémoire et je n'irais certainement pas jusqu'à lancer des accusations de pub frauduleuse...

Mario D'Eer a dit…

J'ai remarqué la petite nuance que vous avez ajoutez au texte ;-) En fait, parmi toutes les marques que vous mentionnez, il y a de la citrouille! C'est néanmoins vrai que les flaveurs sont surtout apportées par les épices. La nuance devrait être «parfois, il n'y a pas de citrouille...»